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La Mort de NATIXIS … à quel prix pour les petits épargnants ?

20 06 2021Banques, Presse0 commentaires

Le naufrage de Natixis, à la manière des emprunts russes

BPCE lance une OPA sur sa filiale Natixis pour la retirer de la Bourse. C’est l’épilogue d’un naufrage bancaire prévisible depuis 2006, qui a spolié des millions d’épargnants. Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre le 24 juin son jugement sur la banque, poursuivie pour diffusion d’information fausse ou trompeuse.

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Laurent Mauduit Mediapart.

Au premier examen, on pourrait penser que l’OPA lancée par le groupe bancaire BPCE sur sa filiale Natixis, dans le but de porter son contrôle de 70,3 % à 100 % du capital, et donc de sortir sa filiale de la Bourse, n’intéressera que le microcosme des boursicoteurs. Erreur ! C’est bien plutôt l’épilogue d’un désastre bancaire révélateur qui mérite d’être examiné de près, pour au moins deux raisons.

D’abord, l’affaire fonctionne comme un miroir, et révèle les mœurs du capitalisme parisien : on y croise François Pérol, qui fut longtemps le bras droit de Nicolas Sarkozy ; Matthieu Pigasse, qui est l’un des actionnaires du groupe Le Monde ; ou encore Nicolas Namias, l’actuel directeur général de Natixis qui, du temps où il était conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, était supposé piloter la fameuse réforme de partition des banques promise par François Hollande.

Ensuite, l’histoire est la chronique d’un naufrage historique, la banque ayant été introduite en Bourse le 7 décembre 2006 à 19,55 euros, tandis que l’OPA est proposée à seulement… 4 euros l’action, entraînant la spoliation de millions d’épargnants. En bref, le naufrage de Natixis vient de loin : c’est un peu aussi celui du capitalisme parisien.

BPCE présente certes le retrait de la cote de Natixis comme s’il s’agissait d’une affaire parfaitement banale. Ouverte le 4 juin au prix de 4 euros l’action, l’offre de BPCE va courir jusqu’au 1er juillet inclus. Sur son site, la banque (qui a vu le jour en juillet 2009, au terme d’une fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne) donne cette simple explication : « Le groupe BPCE, qui appartient aux Banques Populaires et aux Caisses d’Épargne, détient à ce jour plus de 70 % du capital de Natixis. Néanmoins, la cotation de Natixis n’apporte pas aujourd’hui à cette dernière les moyens utiles à son développement ; les marges de manœuvre stratégiques étant davantage situées au sein du groupe BPCE. C’est pour cela que BPCE a déposé une offre publique d’achat en vue d’acquérir les 29,3 % du capital de la société Natixis qu’il ne détient pas. »

Et si d’aventure des actionnaires individuels se sentent floués et ne veulent pas apporter leurs titres, BPCE les prévient par avance qu’elle leur forcera la main, au terme d’une disposition autorisée par le Code monétaire et financier « Si, à l’issue de l’offre, les actionnaires minoritaires de Natixis ne détiennent pas plus de 10 % du capital et des droits de vote, BPCE a l’intention de demander la mise en œuvre d’un retrait obligatoire. »

Lors d’un comité social et économique de Natixis, son directeur général, Nicolas Namias, a fait encore plus fort. Si l’on en croit le procès-verbal de la réunion (pdf, 351.5 kB), il a même eu le front de dire que l’histoire de la banque, mise à part la période de la crise des subprimes, était celle d’une réussite : « Depuis 2010-2011, je crois que l’on a connu tous ensemble ce que j’appelle une success story. » Une sortie que les représentants du personnel n’ont guère dû apprécier puisque dans une déclaration liminaire, toutes tendances réunies, ils se sont inquiétés, au préalable, d’une opération qui pour beaucoup de salariés allait leur « faire perdre l’argent de leur épargne salariale en prenant les titres Natixis pour des emprunts russes ». Allusion assassine : la déclaration faisait donc référence à ces célèbres emprunts lancés par l’Empire russe tout au long du XIXe siècle et au début du XXe, qui ont poussé à la ruine de nombreux épargnants français juste avant la guerre de 1914.

La colère que suscite auprès de nombreux épargnants le naufrage calamiteux de Natixis va prendre dans les prochains jours d’autant plus de relief que, le 24 juin prochain, le tribunal correctionnel de Paris va rendre sa décision sur Natixis, qui avait été mise en examen et renvoyée devant lui pour « pour diffusion d’information fausse ou trompeuse ».

Cette OPA à 4 euros l’action et le jugement attendu sont donc les symptômes très révélateurs du naufrage d’une banque, que l’on pouvait prédire dès sa naissance. Il est donc important de comprendre pourquoi toutes les alertes qui ont eu lieu en 2006, puis les années suivantes, n’ont pas été entendues par les pouvoirs successifs, qui se sont révélés complices d’une opération de prédation.

Tout commence donc en 2006. À l’époque, les Caisses d’épargne disposent encore d’un monopole de distribution du livret A (en partage avec La Poste) ; et l’argent collecté est centralisé auprès de son principal actionnaire, la Caisse des dépôts et consignations (CDC – actionnaire des Caisses d’épargne à 35 %), qui affecte ces sommes au financement du logement social. Formalisé par un pacte d’actionnaires liant les deux parties, l’attelage des Caisses d’épargne et de la CDC permet donc la mise en œuvre conjointe de deux missions d’intérêt général : la rémunération de l’épargne populaire et le financement du logement social. C’est en somme un attelage qui est très emblématique de l’ancien modèle français d’économie sociale solidaire.

Mais cette année-là, des tractations secrètes s’engagent entre les dirigeants des Caisses d’épargne et des Banques populaires, à l’insu de la CDC qui est pourtant le premier actionnaire de l’Écureuil, dans le but de berner la CDC, de tourner le dos aux missions d’intérêt général, et de créer une banque d’investissement nouvelle, contrôlée à parité par les Caisses d’épargne et les Banques populaires, pour aller spéculer sur les marchés financiers, sur le modèle de ce que font tous les grands établissements financiers anglo-saxons. En clair, de vieux établissements mutualistes et coopératifs, autrefois liés de mille manières au mouvement social, et dont le fonctionnement est supposé toujours être régi par la grande loi de 1947 portant statut de la coopération (l’une des grandes lois de la Libération), veulent rompre avec leur remarquable passé et s’encanailler dans l’espoir de participer à l’économie-casino qui a pris son envol avec la vague néolibérale.

Le projet est tellement sulfureux qu’il finit par être mis sur la place publique. À l’époque au Monde, c’est moi-même qui le révèle avec une collègue, dans un article publié le 10 mars 2006. Aussitôt, il suscite l’indignation du patron de la CDC d’alors, Francis Mayer. Pourtant déjà très malade et fréquemment hospitalisé – il meurt le 9 décembre de la même année –, il consacre ses dernières énergies, avec le renfort de son bras droit Dominique Marcel, à combattre un projet qu’il juge contraire à l’intérêt général. Sa colère, il me la confie dans un entretien que Le Monde publie peu après, le 6 avril. Mais, dans les dialogues nombreux que j’ai eus avec lui sur le sujet à cette époque, il est encore plus véhément.

Pourtant, l’alerte de ce grand commis de l’État reste vaine – le ministre des finances de l’époque, un certain Thierry Breton, laisse faire. Et le projet de création de cette banque finit donc par voir le jour, sous le nom de Natixis. Or le projet est déjà contestable pour d’innombrables raisons – qu’il faut recenser, car elles sont au cœur du naufrage que la banque vit aujourd’hui.

Première raison, la création de la banque Natixis est très révélatrice du fonctionnement de l’oligarchie de Bercy, qui n’en fait toujours qu’à sa tête et poursuit ses obsessions néolibérales, en ne se souciant guère de l’intérêt général. Côté Banques populaires, c’est en effet un banquier d’affaires de Rothschild, François Pérol, qui est le conseil de l’opération. En fait, le banquier d’affaires ne devrait pas s’approcher du dossier, car en quittant fin 2004 ses fonctions de directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre des finances, la Commission de déontologie de la fonction publique lui a notifié qu’il pouvait rejoindre la banque Rothschild à la condition de s’abstenir de traiter de toute affaire qu’il a eu à connaître à Bercy – dont celle notamment concernant la CDC.
En devenant le banquier-conseil des Banques populaires pour la création de Natixis, alors que la banque Rothschild est au même moment le conseil officiel de la CDC, François Pérol fait par surcroît une très mauvaise manière à l’établissement public. C’est si vrai que le patron de l’établissement envisage même de porter l’affaire devant les tribunaux, avant que la maladie dont il souffre ne s’accélère et finisse par l’emporter (voir à ce sujet mon billet de blog relatant mon témoignage au procès Pérol – lequel s’est achevé sur une relaxe).
Du côté des Caisses d’épargne, le banquier-conseil est Matthieu Pigasse, qui officie pour élaborer secrètement le projet Natixis. Lui-même d’ailleurs devrait également se tenir à l’écart de ce dossier puisqu’il était jusque-là le conseil du patron de la CDC, Francis Mayer. Du jour au lendemain, il trahit donc son client, et passe dans le camp d’en face, pour conseiller le projet secret qui est conçu à l’insu de la CDC et au détriment de ses intérêts. L’indignation du patron de la CDC est tellement forte qu’un compromis est finalement trouvé : tout en conseillant le patron des Caisses d’épargne, le banquier le renseigne discrètement sur le projet qui est préparé dans son dos. En quelque sorte, Matthieu Pigasse se transforme en agent double.
Ainsi fonctionne parfois le capitalisme de connivence à la française : quelques inspecteurs des finances font carrière dans la vie des affaires et tirent de nombreuses ficelles dans les coulisses. Avec le recul, le fait retient d’autant plus l’attention que Natixis a servi de tremplin aux deux banquiers d’affaires qui ont par la suite cheminé de belle manière. François Pérol est devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée sous la présidence Sarkozy, avant de devenir PDG de BPCE, résultant de la fusion des Caisses d’épargne et des Banques populaires, puis de retourner au sein de la banque Rothschild. De son côté, protégé par le patron des Caisses d’épargne, Matthieu Pigasse a obtenu un prêt considérable d’une filiale du groupe, la Banque Palatine, qui lui a permis, grâce à la caution du milliardaire Xavier Niel, de devenir l’un des coactionnaires du groupe Le Monde.

Natixis fonctionne donc comme un miroir, où l’on voit évoluer des figures phares de l’oligarchie issue de Bercy. À ce portrait de groupe, on peut d’ailleurs ajouter une troisième personne, Nicolas Namias, dont l’étonnant parcours illustre le système des « revolving doors » – ce système qui voit des experts ou des hauts fonctionnaires faire des allers et retours entre le public et le privé ; ou plus précisément qui en viennent à défendre les intérêts privés, même quand ils se mettent au service de l’intérêt général.
Après avoir fait ses classes à BPCE, Nicolas Namias intègre en juin 2012 le cabinet du premier ministre Jean-Marc Ayrault, en qualité de conseiller pour le financement de l’économie, les entreprises et les affaires économiques. Et de tous les dossiers dont il hérite, le principal est évidemment celui qui est présenté par François Hollande comme celui devant être le plus important de son quinquennat : la réforme bancaire. Or on sait ce qu’il en est finalement advenu : c’est une partition purement symbolique que le gouvernement d’alors sort de son chapeau, qui n’a évidemment rien à voir avec le Glass-Steagall Act voulu par Roosevelt en 1933 aux États-Unis. C’est pire qu’une réformette ; c’est une non-réforme qui a des allures de pied de nez aux électeurs de gauche ayant voté François Hollande.


Les néologismes de Nicolas Namias
Pour finir, Nicolas Namias, qui a contribué à torpiller la fameuse réforme, est retourné à Natixis, dont il est devenu le directeur général. En somme, au lieu de combattre la « finance folle », il en est devenu l’un des acteurs. Et c’est lui qui aujourd’hui pilote l’OPA sur la banque, qui va conduire à la spoliation d’innombrables épargnants et salariés de la banque.
Si le projet de création de Natixis suscite en 2006 un tollé, c’est aussi parce qu’il entérine le viol du pacte d’actionnaires existant entre la CDC et les Caisses d’épargne. Et il est frappant de constater que la puissance publique ne s’en est pas indignée – comme s’il était normal que la vie des affaires soit une jungle. C’est également parce que les deux grandes banques que sont les Caisses d’épargne et les Banques populaires se lancent dans une déréglementation financière folle. On sait d’ailleurs que l’histoire va mal tourner. Très vite gorgé de subprimes, Natixis va s’effondrer spectaculairement en Bourse, son cours plongeant des 19,55 euros lors de l’introduction jusqu’à un plus bas, au plus fort de la crise financière, à… 76 centimes !

Mais parmi toutes les alertes qui ont été lancées en 2006 et que personne n’a voulu entendre, il y en a une autre très importante, sur laquelle il faut s’arrêter, car elle explique pourquoi l’échec de Natixis était inscrit dès sa naissance : c’est le modèle même de la banque qui est bancal. Tellement aveuglés par leur envie de copier les mœurs financières anglo-saxonnes, les dirigeants des Caisses d’épargne et des Banques populaires créent avec Natixis une banque d’investissement, mais d’entrée l’établissement n’a pas la taille suffisante pour rivaliser avec ses rivales, françaises et plus encore anglo-saxonnes. Cet argument, je l’ai entendu d’innombrables fois dans la bouche du patron de la CDC Francis Mayer. Et c’est très tôt l’alerte que Le Monde donne à cette époque « Pour affronter la concurrence, Natixis, qui résulte, en fait, de la fusion entre les activités de “banque de gros” de l’Écureuil (l’ex-Ixis) et des Banques populaires (l’ex-Natexis), n’est pas dépourvue d’atouts. Certes, avec sa quatrième place en France, derrière BNP Paribas, la Société générale et Calyon (groupe Crédit agricole), la nouvelle banque d’investissement (6 milliards d’euros de chiffre d’affaires) ne pourra prétendre concurrencer d’emblée, sur des métiers emblématiques comme les activités de marchés ou la banque d’affaires, les grands noms européens, ou a fortiori américains, du secteur : ABN Amro, la Deutsche Bank, Goldman Sachs, Citigroup, etc. »

Or cette faiblesse va être par la suite au cœur des dérives de Natixis : en compétition avec des groupes bancaires autrement plus puissants qu’elle, la banque française va constamment prendre toujours plus de risques pour gagner de l’argent et assumer une concurrence déséquilibrée. Pour survivre, elle va en permanence surfer sur les marchés les plus risqués, user à tout moment de pratiques « borderline ». Et le résultat, c’est celui que connaissent les lecteurs de Mediapart : au fil des années, Natixis va être constamment mise en cause pour ses pratiques irrégulières, que nous avons chroniquées dans d’innombrables enquêtes – on en trouvera un rapide florilège sous l’encadré « Lire aussi ».

Dans le lot, il y a bien sûr le système de commissions occultes sur certains produits, dits fonds à formule, mis au point au sein de Natixis Asset Management, une société de gestion filiale de Natixis, pour quelque 100 millions d’euros, au détriment de ses clients. Peu après, notre journal dévoilait une bonne partie de la liste des fonds concernés et indiquait que plusieurs millions d’épargnants avaient sans doute été lésés par ces irrégularités. Poursuivant notre enquête, nous révélions de nombreuses autres irrégularités, sur d’autres activités de la société de gestion d’actifs.

Dans la liste interminable des folies spéculatives dans lesquelles a été emportée Natixis – bien loin de la « success story » évoquée par Nicolas Namias –, on pourrait encore citer celle-ci, très illustrative des prises de risque inconsidérées de la banque : le 18 décembre 2018, Natixis révélait la perte de 259 millions d’euros sur les marchés en Corée. Selon un lanceur d’alerte, la banque, bien qu’avertie, aurait pris des risques inconsidérés pour maximiser ses profits et un délit d’initié aurait pu être commis. Les autorités de contrôle ont à l’époque ouvert des enquêtes.

Du même coup, la banque a été fréquemment sanctionnée par l’Autorité des marchés financiers (AMF). C’est même elle qui a écopé, en juillet 2017, de la sanction historiquement la plus élevée, soit 35 millions d’euros, jamais prononcée par l’AMF pour ces graves irrégularités dans la gestion entre 2012 et 2015 des fonds à formule – sanction ultérieurement ramenée à 20 millions d’euros par le Conseil d’État.

L’OPA de BPCE sur sa filiale fonctionne donc comme un aveu : c’est le point d’orgue d’une folle dérégulation financière. Mais comme toujours dans ces affaires, il y aura des perdants et des gagnants. Et il n’est pas très difficile de deviner qui ils seront. Car dans la haute hiérarchie de la banque, les rémunérations ont toujours été exorbitantes – Mediapart en a aussi tenu régulièrement la chronique. Quant aux épargnants ou boursicoteurs qui ont pris le risque inconsidéré de croire dans les fariboles servies par les dirigeants de la banque, ils vont perdre l’essentiel de leur mise. Et ces investisseurs individuels sont nombreux, puisque lors de l’introduction en Bourse, ils avaient été plus de 1,5 million à acquérir des titres au cours de 19,55 euros. Aujourd’hui, ils vont donc perdre 80 % de leur mise.

Dans le cas des salariés, beaucoup d’entre eux vont aussi perdre une bonne part de leur épargne salariale. Mais dans leur cas, il est très difficile de disposer d’une évaluation des pertes qu’ils vont subir, car dans le lot, il y a des salariés qui ont acquis des titres lors de l’introduction en Bourse ; il y en a d’autres, qui ont obtenu des titres via le Fonds commun des placements d’entreprise (FCPE). Et donc au total, il y a un actionnariat salarial important, puisqu’il représente plus de 2,8 % du capital.

Mais les pertes prévisibles pour les salariés ne sont pas connues. Cela suscite d’ailleurs de la colère ici ou là, au sein de l’entreprise, car les syndicats qui participent à la gestion de ce FCPE ont tous voté, comme un seul homme, l’approbation de l’OPA, comme en témoigne le communiqué du FCPE (pdf, 113.6 kB).
Le naufrage de Natixis, et sa disparition via l’OPA, risque quoi qu’il en soit de susciter beaucoup de colère. L’affaire a même pris une tournure judiciaire puisqu’une centaine d’épargnants, s’estimant grugés, épaulés par l’avocat Alain Géniteau, avaient porté plainte contre Natixis, notamment pour « diffusion d’information fausse ou trompeuse », à la suite de deux communications financières de Natixis en 2007. Après avoir conduit une longue enquête, la juge d’instruction Cécile Meyer-Fabre a mis en examen la banque comme personne morale. Prononçant un non-lieu partiel concernant certaines charges, elle a fini par renvoyer la banque devant le tribunal correctionnel de Paris.
Dans l’ordonnance de renvoi (on peut en consulter ici la dernière partie (pdf, 1.6 MB)), la magistrate fait grief à la banque d’avoir indiqué « que les risques relatifs aux expositions indirectes portés par Natixis sur le subprime étaient “limités”, terme de nature à induire le lecteur en erreur sur la situation réelle d’exposition de la banque » ; d’avoir minoré « l’exposition de la SA Natixis à la crise des subprimes d’au moins 1,234 milliard d’euros en mentionnant une exposition indirecte de 356 millions d’euros […] alors qu’elle s’élevait en réalité à, au moins, 1,590 milliard d’euros » ; d’avoir mis « ainsi le public dans l’impossibilité d’anticiper la dégradation potentielle de ses résultats à venir ».
Alors que l’AMF, comme trop souvent, n’avait pas donné suite à l’affaire, ce sont donc des griefs très lourds que la magistrate avait retenus. Le procès a donc eu lieu en mars ; et le jugement doit être rendu ce 24 juin – au beau milieu de l’OPA lancée par BPCE sur Natixis.
Lors d’un récent CSE de Natixis, qui s’est tenu le 7 mai dernier, Nicolas Namias a usé de l’un de ces néologismes dont il est coutumier en indiquant que le jugement avait un fort « enjeu réputationnel ». Tout en se réjouissant que la presse financière soit, comme à son habitude, si peu curieuse : « Il y a eu très peu de reprises de presse, et c’est une bonne chose », s’est-il félicité.
Mais la vérité, c’est que la réputation de Natixis n’est plus à faire. C’est l’un des sous-produits français de la folle dérégulation financière de ces dernières années. Et de ses excès, la banque est en train de mourir. L’OPA signe son acte de décès.

Merci du soutien de tous.

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Cet article est délivré sous la propre responsabilité du journal éditeur. En aucune façon BIR ne peut être tenu responsable même si des indices forts et constatés converges vers nos constatations. Toutefois les incriminés ont libre parole en réponse à ces allégations

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Je m'excuse d'avoir douté de vos conseils. Bravos pour vos actions. Vous sauvez des vies. La nôtre aujourd'hui.
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Bonjour Mr Alaire,

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Loana et Jean
Bonjour Mr Alaire,

Je vous fais part du mail, envoyé à la banque pop.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous avoir cité. Mais la BIR m'a donné la force d'y aller. Merci à vous d'exister. Vraiment. Je garde l'espoir d'un monde meilleur. Il y a des jours avec et jours sans. Donc quand je vois des groupes comme le vôtre, nous nous sentons moins seuls. Donc merci.

Je vous souhaite un bon dimanche. Cdlt
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Bonjour,

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Eric
Bonjour,

Suite à vos recommandations, demande de délai de grâce pour mes crédits immo et consos.

24 mois accordés par le juge des contentieux (hors assurances). Notifié ensuite à la banque par huissier, avec effet immédiat.

Encore merci.
Eric
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Aurélie
Bonjour, Voici quelques nouvelles du dossier déposé auprès du juge de la protection et du contentieux. Nous avons obtenu une suspension de 24 mois pour l'un de nos prêts immobiliers (maisons en location saisonnière 500 euros par mois). ...
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Aurélie
Bonjour, Voici quelques nouvelles du dossier déposé auprès du juge de la protection et du contentieux. Nous avons obtenu une suspension de 24 mois pour l'un de nos prêts immobiliers (maisons en location saisonnière 500 euros par mois). Cette décision de justice permet de nous alléger le temps pour nous de retrouver une stabilité financière et une situation professionnelle pour ma part.

Merci pour cette orientation, je suis toujours active psur le dossier des frais bancaires. Je vous tiendrai au courant de la suite. C'est déjà une belle victoire aujourd'hui.

Merci pour votre soutien et votre efficacité.
Aurélie
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Laurence
Bonsoir, Je suis heureuse et à la fois étonnée que votre combat / votre association dure ! Vous méritez tant de gratitudes ! Alors oui, bon anniversaire à votre bébé BIR, car vous m'avez permis de ne pas sombrer avec les frais ...
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Laurence
Bonsoir, Je suis heureuse et à la fois étonnée que votre combat / votre association dure ! Vous méritez tant de gratitudes ! Alors oui, bon anniversaire à votre bébé BIR, car vous m'avez permis de ne pas sombrer avec les frais ou interdits bancaires il y a 2/3 ans ! 

Depuis, ma banque n'ose même plus me faire de frais (MDR). Mais bon, faut dire aussi que je gère mes petits revenus. Et surtout, sans leurs acharnements, on vit mieux ! Vous êtes formidable.

J'espère que vous aurez du soutien, et depuis des personnes pour vous aider dans ce combat !

Bien cordialement.
Laurence
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Sébastien Alaire

Sébastien Alaire

Banques Infos Recours a une mission : dénoncer les abus et manquements législatifs commis par les établissements de crédit. Si vous pensez être victime d'une banque, d'un assureur ou d'un huissier faisant un peu trop de zèle, ou manquant simplement d'humanité sur un crédit que vous n'arriveriez pas à rembourser : n'hésitez pas à nous contacter.

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Comment peut-on vous aider ?